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DE LA VILLE DE PARIS.
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DLXXXII1. —Remonstrances de Mons' Luillier, president des Comptes'1'.
25 juin 1554. (A fol. 91 r°; B fol. 348 r°.) «
Du xxvc jour de Juing vc liui.
Au jour d'huy [xxv" jour de Juing v° liiii], sept heures du matin, monsrmaislre Jehan Luillier, srde Boulencourt, president des Comptes, est comparu au Bureau de la Ville de Paris, suyvant l'assignation à luy donnée de par lad. Ville pour le faict de la fon­taine sortant de sa maison, rue Barre du Bec'3', pour l'ayde et secours de la chose publique.
Lequel a remonstré à Mess" les Prevost des Mar­chans et Eschevins :
"Que du temps qu'il estoit Prevost des Marchans'4', Mess" les Eschevins qui pour lors estoient, le prièrent et persuadèrent pour le bien de la chose public voulloir faire ce bien à ladite Ville de voul­loir permettre que de sond, hostel sortit une fontaine que l'on feroit venir par thùyaulx du plus prochain regard qui seroit advisé, pour l'aisance et com­modité publique, à la charge qu'il en auroit ung fillet de la grosseur d'ung grain de vesse pour soy ayder et servir en sond, hostel, pour son usaige seullement : ce qu'il accepta lors, et luy' en fut baillé lettres dont il a baillé le double à lad. Ville; et que pour approprier et acommoder lad. fon­taine luy cousta dès lors plus de 1111e escuz d'or soleil.
"Et depuis led. temps, lad. Ville luy a grande­ment incommodé sad. maison, par ce que à toutes heures on heurte à sa porte demandant de l'eaue.
Oullre, sond, logis qui est sur le devant par où coulle lad. fontaine en est fort incommodé, au moyen du grand bruit que font depuis le point du jour jusques à my nuit ceulx qui viennent querir eaue en lad. fontaine, tellement que led. grand bruit que l'on faict à lad. fontaine luy rend sond, logis de devant inutil.
" Aussy quc le réservoir d'eaue que vous faittes faire dedans sondict hostel luy faict grand empes­chement el incommodité à sad. maison.
"Et oultre, en temps d'iver l'eau sortant de sad. maison se gelle,de sorte que toute la rue set plaine de glaces, de sorte que l'on ne peult aller et venir que à grand peyne par lad. rue; et que, quand, lesd, glaces sont en espoisseur, l'eaue chel et tumbe en ses caves: qui luy rend une incommodité et subjection mer­veilleuse; et n'estoit que si peu d'aisance qu'il peult avoir dud. fillet d'eaue cn sond, hostel, pour riens ne vouldroit souffrir lesd, subjections et incommo-ditez.
"Requerant lui estre donné dellay compettant pour faire entendre ce que dict est au Roy et Mess" de son Conseil Privé pour, ce faict, en estre par led. Ssr, faict son bon plaisir."
Oyes lesquelles remonstrances, a esté donné delay aud. sr president jusques au xxv0 jour de Juillet pro­chain, pendant lequel il pourra advertir ou faire advertir le Roy de ce que dit est.
DLXXX1V. — Lettres de par la Ville à Monseigneur le Garde des Seaulx.
27 juin 1554. (B fol. 35i v°.)
Monseigneur, "Nous avons par cy devant faict dresser deux provisions : l'une, pour la somme de douze cens escuz que le Roy veult estre par nous prinse et levée à luy, revenans des fermes qui nous ont esté cy de­vant alienées pour estre employées à la fortiffica-
tion de ceste ville; l'autre, de la somme de quatre mil tant livres sur les plus vallcurs aussy à luy reve­nans d'aucuns magazinsa nous pareillement aliénez pour le paiement de salpeslre que nous avons fournyaud. Sgr'5'.Etpar autant que Monsr le Tresorier de l'Espargnc n'a voullu bailler son attache, nous
O La rubrique do B : Declaration de Mons' le President de Boulencourt, touchant sa fontaine, complète utilement celle du Registre A.
(2) Dans les deux Registres cet article est placé entre nos n°' DLXXIX (cf. la note 12 de la page 3o5) et DLXXXI.
'3) La rue Barre du Bec, entre les rues Saint-Merry et de la Verrerie, est aujourd'hui comprise dans lo tronçon méridional de la rue du Temple.
<4' Maître Jean Luillier, seigneur de Boullencourt et de Presles, conseiller du Roi et maître ordinaire de ses Comptes, exerça la charge dc Prévôt des Marchans du 16 août i53o au 16 août 1532. (Archives nationales, Reg. KK 1009, fol. 19 v°.)
'-' Cette fourniture fut faite en vertu de certaines Lettres du Roi, à la date du 25 janvier précédent : voir ci-dessus art. CCCCLXV et CCCCLXV1II.
3.j.